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    interview du PDG AH effectué par le journal liberté

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    kingsim
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    interview du PDG AH effectué par le journal liberté

    Message par kingsim le Jeu 20 Mar 2008, 03:14

    Abdelwahid Bouabdallah,P-DG de la compagnie aérienne,
    “Air Algérie doit améliorer ses standards de qualité”
    Abdelwahid Bouabdallah, le nouveau président-directeur général d’Air Algérie, se livre à Liberté. Au cours d’un entretien avec notre collaboratrice, il parle sans fard des problèmes que rencontre Air Algérie et expose sa vision du développement de la compagnie.

    Liberté : Une première question d’actualité, Monsieur le président, que comptez-vous faire pour contrer le départ massif des pilotes d’Air Algérie vers les compagnies aériennes du Moyen-Orient ?
    Abdelwahid Bouabdallah : On a certainement exagéré les choses. Plusieurs pilotes nous ont effectivement quittés mais on ne peut pas parler de départ massif. Ceci dit, le phénomène est réel, il concerne beaucoup de compagnies aériennes en ce moment. Comme vous le savez sûrement, on assiste depuis ces dernières années à un développement exceptionnel du trafic aérien dans les pays du Golfe qui, lui-même, s’accompagne d’un investissement massif dans de nouveaux appareils et d’un appel tout aussi massif de pilotes pour en prendre les commandes. On note un phénomène similaire dans les pays du Sud-Est asiatique. Quelles conséquences peut-on tirer pour Air Algérie ? La première remarque que je peux faire c’est que les pilotes d’Air Algérie sont appréciés ! Ils ont été bien formés par la compagnie et leur expérience est recherchée. Cet effort d’investissement, que la compagnie fait depuis très longtemps, n’a pas toujours été accompagné par une politique sociale optimale. Dès ma nomination à la tête d’Air Algérie, mes premiers contacts je les ai réservés aux pilotes. Que disent les pilotes d’Air Algérie ? Avant tout, ils se montrent très attachés à Air Algérie. Bien sûr, ils veulent améliorer leur situation salariale ; ce qui est légitime. Mais ils réclament surtout davantage de considération et de bien meilleures conditions de travail. À cet égard, la compagnie n’a pas toujours été à la hauteur. Ce sera là l’un de mes chantiers prioritaires. S’agissant des salaires, il est clair que les choses devraient évoluer. J’entends mettre en place un système de rémunération qui valorise surtout la productivité. C’est là une orientation générale pour la politique salariale que je veux mettre en place au sein d’Air Algérie. Et qui s’appliquera en particulier aux pilotes et à l’ensemble du personnel navigant.

    Une autre question d’actualité. Que pensez-vous de l’emprisonnement du directeur technique de la compagnie ?
    Le directeur technique fait l’objet d’une instruction et il n’est pas convenable de ma part de commenter une instruction qui est toujours en cours. Cependant, il est important que vos lecteurs sachent que la genèse de cette affaire est liée à l’approvisionnement en pièces de rechange pour nos appareils. Les exigences de service imposent de s’approvisionner dans les délais les plus courts possibles. Les procédures classiques ne sont pas toujours adaptées à cette exigence. Arbitrer entre le respect strict des procédures et les exigences d’efficacité est un exercice délicat pour les managers. Pour améliorer le taux de disponibilité de nos appareils, réduire les retards et donner une meilleure qualité de service à nos clients, Air Algérie a besoin de mettre en place des procédures d’approvisionnement ad hoc, du reste largement utilisées dans le monde. Ces procédures doivent être clairement comprises par tous les organes de contrôle pour permettre à nos managers d’agir en toute sérénité.

    Les passagers se plaignent souvent du service à bord et du comportement du personnel d’Air Algérie. Que comptez-vous faire pour améliorer les choses ?
    Déjà en tant que client d’Air Algérie, j’étais très critique quant à la qualité de service offerte par Air Algérie. À présent que je suis à la tête de la compagnie, je n’ai pas varié dans mon appréciation. Ce sera donc là l’un de mes chantiers prioritaires. Air Algérie doit le plus vite possible améliorer de façon significative ses standards de qualité. Nous avons souvent laissé notre personnel de contact démuni face aux clients ? C’est le cas notamment du personnel navigant qui parfois fait preuve d’une abnégation extraordinaire face aux situations difficiles mais sans recevoir le soutien nécessaire de la part de la compagnie. Cette situation ne peut être tolérée plus longtemps. C’est une exigence vitale de compétitivité. Mais surtout c’est un devoir vis-à-vis de nos clients. Les clients d’Air Algérie sont les meilleurs clients au monde. Ils aiment la compagnie, ils ont montré à de nombreuses reprises qu’ils étaient prêts à lui pardonner ses insuffisances ; car ils considèrent Air Algérie comme leur compagnie. Cette fidélité quasi viscérale, nous devons la mériter. Dans les tout prochains jours, je vais lancer une initiative touchant l’ensemble des volets de la qualité de service : le service à bord, l’information, le professionnalisme de notre personnel de bord, etc. Une initiative qui donnera les premiers résultats dès la rentrée prochaine. Prenons donc rendez-vous pour la fin de l’année pour apprécier les résultats des efforts que nous aurons déployés.

    L’autre grand motif d’insatisfaction des passagers est celui des retards. Que comptez-vous faire pour éviter à vos clients ces désagréments ?
    C’est là un autre problème majeur que je connais bien et dont j’ai souvent souffert en tant que client puisque je prends toujours les vols d’Air Algérie. C’est un problème à dimensions multiples. Il a des raisons internes à la compagnie et des raisons qui lui sont externes. L’une des principales raisons internes est liée à l’insuffisance de nos capacités flotte. Bien que la compagnie ait renouvelé une bonne partie de sa flotte vieillissante durant les dernières années, elle doit encore renouveler pratiquement le même nombre d’appareils. Comme vous pouvez l’imaginer, l’insuffisance des capacités et l’exploitation d’un bon nombre d’appareils trop âgés exercent une forte pression sur nos opérations en les mettant à la merci de tout incident. Toutefois, la situation s’est nettement améliorée depuis l’introduction des nouveaux appareils puisque notre taux de ponctualité a gagné quatre points entre le début 2006 et la fin 2007.
    Ce taux — que je suis personnellement de jour en jour — évoluera de façon encore plus significative avec la livraison des nouveaux appareils quand nous aurons renouvelé l’ensemble de notre flotte. Ceci dit, il faudrait en même temps que nos procédures d’approvisionnement en pièces de rechange — que j’évoquais tout à l’heure — soient rendues plus aisées ; car même des appareils neufs peuvent tomber en panne ! Il y aussi les cause externes qui sont souvent en dehors des marges de manœuvre de la compagnie. Ce sont, par exemple, les mesures de sécurité. Celles-ci sont, certes, légitimes dans la situation que connaît le pays. Toutefois, avec la contribution de services de sécurité, je suis persuadé que nous pourrons améliorer grandement les choses sans sacrifier aux exigences de sécurité. C’est là, du reste, un dialogue que j’entends mener le plus vite possible avec les autorités concernées. Pour toutes ces raisons, je demande encore de la patience à nos clients, sachant que la plupart d’entre eux me comprendront car ils savent que je travaille pour eux.

    Air Algérie se caractérise par une multitude de syndicats. Comment faites-vous face à cette situation ?
    La présence de plusieurs syndicats n’est pas en soi une mauvaise chose. Au contraire, elle permet de mieux prendre en compte les spécificités des divers métiers qu’exerce Air Algérie. À cet égard, mes premiers contacts avec l’ensemble des syndicats m’ont permis de mieux comprendre les problèmes qui se posent à Air Algérie, en complément de ce que remonte la hiérarchie et de mon observation personnelle du fonctionnement de nos activités. J’ai donc besoin de cette écoute supplémentaire pour pouvoir agir au plus près des problèmes qui se posent et recueillir des avis contrastés sur les solutions à mettre en œuvre. Cela dit, l’exercice syndical devra se faire dans un cadre légal strict. À cet égard, et en conformité avec les récentes dispositions réglementaires, les différents syndicats d’Air Algérie vont devoir, avant le 31 mars prochain, se mettre en règle avec la loi en mettant en place — ou en renouvelant — leurs textes et leurs organes de gestion. On m’a informé que ce travail est en bonne voie et que très bientôt nous aurons à Air Algérie une représentation syndicale totalement apte à jouer son rôle de partenaire social pour le bien de la Compagnie et de ses salariés.

    Vous avez évoqué tout à l’heure l’insuffisance de la flotte d’Air Algérie. Comment pensez-vous combler ces manques de capacité ?
    Il y a déjà la deuxième tranche de renouvellement des appareils arrivés en bout de potentiel. C’est une opération qui va s’engager dès cette année. Ce programme prévoit l’acquisition d’une dizaine de moyens courriers de module 150 sièges et de deux avions cargos. À l’achèvement de cette opération prévue fin 2012, Air Algérie disposera d’une flotte entièrement rénovée, ce qui améliorera considérablement la ponctualité de ses vols et sa rentabilité globale. En plus de ces nouvelles acquisitions, Air Algérie continuera à faire appel aux affrètements pour pouvoir être le plus flexible possible et s’adapter aux variations de trafic.
    C’est là une pratique très courante dans le transport aérien et qui se développe de plus en plus car la flexibilité est essentielle pour la rentabilité des services aériens.

    Avez-vous pris des dispositions particulières pour la période estivale et pour le hadj ?
    La période estivale est surtout marquée par le retour au pays de nos émigrés. Nos émigrés sont des clients auxquels nous tenons beaucoup. Ils aiment Air Algérie parce qu’ils considèrent que c’est un bout de l’Algérie.
    Ils choisissent Air Algérie pour être dans leur pays dès qu’ils passent la passerelle à Paris ou Marseille. C’est pourquoi j’ai insisté auprès de nos opérateurs pour que tout soit mis en œuvre pour le prochain été afin que nos émigrés voyagent dans des conditions satisfaisantes. Nous allons mettre davantage de capacités et veiller à ce que nos escales et agences soient mieux staffées pour apporter le maximum d’assistance. Je veux que les déboires que nos émigrés ont connus par le passé soient de l’histoire ancienne.
    Car ils méritent doublement notre considération ; d’abord en tant que clients, ensuite parce que nous voulons qu’Air Algérie soit pour eux le lien privilégié avec le pays.
    Concernant le hadj, vous savez sûrement que c’est une opération pour laquelle Air Algérie est particulièrement bien rodée. Je veux, toutefois, signaler deux situations nouvelles que nous allons affronter dès cette année et les années suivantes. La période du hadj va tomber avec l’été. Or c’est la période qui coïncide avec le pic de trafic dans le monde. L’affrètement va avoir tendance à être moins disponible et plus cher.
    L’autre phénomène c’est la demande de nombreux hadjis à vouloir écourter la période de hadj pour la ramener des trente jours habituels à trois semaines environ. Ce qui suppose des fréquences plus nombreuses sur Djeddah. Or, l’attribution des slots — c’est-à-dire les fenêtres de temps pour les avions à l’atterrissage et au décollage — sont accordés avec parcimonie par les autorités aéroportuaires saoudiennes. J’espère qu’avec la création récente de l’Agence nationale du pèlerinage (qui se substitue à l’ex-Commission nationale), Air Algérie pourra ouvrir un dialogue mieux construit avec les autorités algériennes pour trouver ensemble les moyens de faire face à ces nouvelles situations. Nous allons en particulier rechercher les moyens de revoir à la baisse les taxes qui grèvent le coût du transport et engager des discussions d’État à État avec les autorités saoudiennes pour avoir davantage de slots.

    Venons-en à l’avenir d’Air Algérie. D’abord que pensez-vous de l’ouverture du ciel algérien à la concurrence ? Et quelle implication y voyez-vous avec la restructuration de la compagnie ?
    Si vous parlez des liaisons domestiques, cette initiative est du ressort du gouvernement. Toutefois, Air Algérie est consciente que l’ouverture des lignes domestiques à la concurrence est une éventualité que nous devons considérer sérieusement car elle correspond à une tendance lourde dans le monde. C’est pourquoi les initiatives que j’évoquais tout à l’heure dans le renforcement de nos capacités et l’amélioration de la qualité de service concernent tout autant les lignes intérieures que les liaisons internationales.
    Air Algérie veut être prête au moment où la concurrence s’installera dans le ciel algérien ; que j’espère toutefois la plus lointaine possible pour nous donner le temps de consolider nos progrès.
    Cela étant, j’estime que le potentiel du transport aérien domestique est considérable — et à peine entamé — pour un pays aussi vaste que l’Algérie. Il y a donc de la place pour tout opérateur capable d’offrir dans des conditions compétitives des services aériens adaptés à la demande des Algériens. Dans ce cas, la concurrence ne pourra qu’être stimulante et bénéfique pour les clients.
    L’ouverture du ciel algérien n’a pas d’impact direct sur les options de restructuration de la compagnie. Vous le savez probablement puisque vous suivez l’actualité d’Air Algérie, un schéma de restructuration avait été envisagé, il y deux ans, prévoyant la création d’un certain nombre de filiales. La revue de la stratégie de marché de l’entreprise à laquelle nous nous attelons en ce moment permettra de mieux apprécier les options à considérer. Dans tous les cas, le choix du schéma de restructuration qui sera mis en œuvre répondra uniquement à des considérations de compétitivité, de rentabilité et de faisabilité.

    En plus de ce que vous venez d’annoncer, quelles sont vos ambitions pour Air Algérie?
    Mon ambition est très précise. Je l’ai déjà annoncé aux cadres, aux représentants syndicaux, aux femmes et aux hommes de la compagnie : faire d’Air Algérie l’une des meilleures compagnies ariennes du bassin méditerranéen. C’est une ambition qui peut paraître démesurée a priori. Je suis convaincu, cependant, qu’Air Algérie recèle de nombreux atouts qui peuvent la projeter vers des performances de premier ordre. Quels sont ses atouts ? C’est d’abord son expérience dans le transport aérien. Air Algérie a plus d’un demi-siècle d’existence au cours duquel elle a accumulé un savoir-faire et des compétences exceptionnelles. L’autre atout c’est que ces talents et ces compétences sont portés par nos collaborateurs, des femmes et des hommes fortement attachés à la compagnie et prêts à s’engager dans les challenges qui nous attendent. Je veux donner l’opportunité à chacun de donner le meilleur de lui-même. Dans cette direction, je veux être le catalyseur pour réveiller les énergies disponibles. Je veux aussi qu’Air Algérie regagne son rôle de pavillon national car elle est un symbole de la souveraineté reconquise de notre pays.
    Ce statut lui impose des obligations particulières pour lesquelles nous devrions définir avec les autorités un cadre efficace de leur prise en charge. Sachant qu’en tout état de cause, la performance restera le maître-mot dans toutes nos actions.

    kadour
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    Re: interview du PDG AH effectué par le journal liberté

    Message par kadour le Jeu 20 Mar 2008, 17:17

    aparemment le nouveau pdg est ambitieux nchallah air algerie va retrouver sa prestigieuse renomeè

    kingsim
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    Re: interview du PDG AH effectué par le journal liberté

    Message par kingsim le Jeu 20 Mar 2008, 21:20

    je pense qu il a compris que le standing aerien ne peut etre relevé que par les navigants, je crois s il mise sur le P? ce la va changer l image de la compagnie pour les voyageur, je pense qu'il rattrape ce que l'ex pdg a n'a pas fait, voyons voir

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    Re: interview du PDG AH effectué par le journal liberté

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